dimanche 7 février 2016

La NFL réalise la meilleure pub de ce 50ème Super Bowl

Et si la meilleure publicité de ce 50ème Super Bowl était à l'initiative de la NFL elle-même? C'est une question que je me suis posé en regardant le spot faisant la promotion de la finale du championnat de football américain qui a lieu ce soir, opposant les Broncos de Denver aux Carolina Panthers.


Le Super Bowl est depuis longtemps l'un des événements sportifs majeur aux Etats-Unis et même dans le monde. La finale de la National Football League est devenue une fête pour les amateurs de sport et de publicité. Avec une audience impressionnante, les annonceurs les plus importants en profitent pour se montrer créatifs, au point de marquer davantage les esprits que le match lui-même.

Cette année, à l'occasion du 50ème Super Bowl, la NFL a profité de cet anniversaire pour produire un spot publicitaire à sa gloire plutôt étonnant. 


Aucune image de joueurs, de stade, de ballon, de trophée, mais plutôt une chorale. Cette chorale a la particularité d'être composée de chanteurs nés 9 mois après la victoire de l'équipe de leur ville natale. En effet, il a été constaté que les villes victorieuses du Super Bowl voyaient une hausse de leur natalité 9 mois plus tard. Ces enfants sont donc appelés "Super Bowl Babies". Dans cette vidéo, ils reprennent la chanson Kiss From a Rose de Seal (qui participe également), dans une version dans laquelle ces enfants du Super Bowl chantent leur histoire avec cet événement si particulier pour eux. Ils doivent effectivement plus ou moins leur existence à ce match dont ils font l'éloge "a day when history and our families were made".

Ce spot et ces enfants illustrent l'importance de cet événement qu'est le Super Bowl dans la vie des américains. Un spot impactant, qui crée de l'engagement émotionnel auprès du public. Et pour la NFL, c'est l'occasion de renforcer son ancrage dans la société américaine. Une rencontre sportive qui a autant d'impact dans la vie de son public, au point de permettre un boom des naissances. Quelle autre marque que la NFL peut en faire autant?



mardi 8 décembre 2015

Pourquoi la Ligue 1 devrait s'inspirer de la stratégie Social Media de la MLS

Ce dimanche s'est jouée la finale de la MLS, la Major League Soccer, le championnat de football (soccer) nord-américain. Les Timbers de Portland ont battu les Columbus Crew sur le score de 2 à 1. L'occasion de s'intéresser à cette ligue dont les clubs communiquent de manière remarquable sur Internet et notamment les réseaux sociaux. Un exemple dont la Ligue 1 et ses clubs pourraient s'inspirer.


crédit photo 


Lorsque j'ai appris que la finale de MLS allait avoir lieu ce week-end dernier, j'ai eu envie de m'intéresser plus en détail aux pratiques Social Media de ses clubs pour écrire ce billet. Les équipes sportives nord-américaines en général sont réputées pour leur puissance économique et médiatique, mais le soccer n'est pas encore au même niveau que les autres sports collectifs professionnels nord-américain. Malgré cela et des moyens plus faibles que les clubs de Ligue 1, les équipes de la MLS brillent par leurs stratégies de communication Social Media, pouvant inspirer nos clubs français et même les plus grands clubs européens. Dans un contexte particulier où les clubs (qui sont en fait des franchises) subissent la concurrence des autres sports collectifs et les exigences de la ligue en matière de réussite économique, avoir une stratégie de communication efficace est une nécessité pour attirer de nouveaux fans, les fidéliser et les fédérer.


Un site web complet qui met la ligue en valeur

Lorsque j'ai visité le site web de la Ligue 1, j'ai été marqué par son aspect austère et le manque de visibilité qu'il offre à ses comptes sur les réseaux sociaux. De même, cette présence de la Ligue 1 sur les réseaux sociaux reste très classique et peu enthousiasmante. Du coté de la ligue nord-américaine, le site web est un vrai site d'actualités proposant de nombreux contenus, ses propres contenus, articles, vidéos, qui sont bien mis en valeur. Il a aussi la particularité d'héberger les sites web des différentes franchises, réalisés sur le même modèle. La ligue est également très présente sur les réseaux sociaux et particulièrement active, notamment à travers des contenus vidéos de qualité dont je reparlerai juste après. Dans ce contexte où le soccer doit faire sa place parmi les autres sports collectifs plus populaires, il est important pour la MLS d'avoir une stratégie de Content Marketing avancée afin de gagner en visibilité, tout en ayant un contrôle de ses franchises en hébergeant leurs sites web.


Des contenus vidéos de qualité

Ce qui m'a le plus frappé en étudiant la communication web des franchises de MLS, ce sont les contenus vidéos. D'ailleurs, c'est la partie que je développerai le plus dans ce billet. Par leur quantité (peut-être abusive) et leur qualité, je constate qu'il y a une réelle prise de conscience en Amérique du Nord concernant l'importance de la vidéo dans la stratégie de communication web à la fois de la ligue et de ses franchises. Ce sont effectivement des contenus à fort potentiel d'engagement et de viralité auprès des fans et qui permettent d'enrichir la Fan Experience et d'offrir de la visibilité aux partenaires.  Les clubs de MLS vont bien au-delà des habituelles vidéos de buts ou d'interviews, et ont de quoi impressionner les amateurs de football français.

En France, le PSG publie sur sa chaîne YouTube des vidéos bandes-annonces pour ses matchs de Champions League et le Classico. La plupart des clubs de MLS en produisent avant chaque match. Oui, chaque match. On en retrouve également pour annoncer les nouvelles saisons, les périodes de play-offs. Parmi les exemples choisis ci-dessous, j'en ai mis 2 en évidence. La première, réalisée par le FC Dallas, annonce la saison 2015. L'équipe, demi-finaliste cette année de la compétition, a une affluence moyenne de 16000 spectateurs dans son stade, comparable à celle de l'EA Guingamp. Pourtant, en visionnant cette bande-annonce on a plus l'impression d'avoir affaire à un top club européen.


La deuxième, réalisée par le Sporting Kansas City, annonce une simple rencontre de championnat, en utilisant des extraits du poème Do not go gentle into that night. Un style différent, qui n'évoque pas vraiment un match de soccer mais plutôt un film hollywoodien ou un spot de pub pour un équipementier sportif. 


Tous ces exemples utilisent les ingrédients des trailers de films américains, avec des musiques dynamiques ou dramatiques, des voix-offs. En Amérique du Nord, les ligues sportives professionnelles s'apparentent davantage à une économie du divertissement (comme le cinéma) qu'à du sport comme on le conçoit chez nous. D'où cette nécessité de produire des vidéos bandes-annonces attractives pour attirer les spectateurs et téléspectateurs, exactement comme pour un film.






En complément des bandes-annonces, les clubs produisent des programmes présentant les matchs de manière journalistiques. Ces programmes sont présentés par des reporters maisons (autre particularité du football nord-américain), responsables éditoriaux ou Community Managers. Ces Match Preview ont pour objectif de présenter les enjeux du match à venir et de proposer des interviews d'avant-match et éventuellement d'offrir un exposition aux partenaires.






Une fois les matchs joués, il est intéressant pour les supporters d'avoir accès aux résumés, aux comptes-rendus de ces matchs. Oui mais voilà, nous sommes aux Etats-Unis et au Canada, et les clubs produisent eux-mêmes ces comptes-rendus, et dans un style très différent du Canal Football Club ou de Téléfoot. Ici, à l'instar des bandes-annonces, les résumés doivent donner envie de se rendre au stade, de vivre l'expérience d'un match. Les clubs recherchent davantage l'esthétisme, la dramatisation de l'événement, la retranscription d'une ambiance, de l'expérience du match, plutôt que le résultat sportif.






Toujours dans une démarque de Content Marketing, certains clubs produisent des web-séries documentaires avec des contenus vidéos plus longs. Ces web-séries suivent tout au long de la saison le parcours du club comme un documentaire, en immersion, avec les témoignages des joueurs, membres du staff. C'est le cas du Toronto FC avec sa série All For One qui en est à sa troisième saison et qui est diffusée en parallèle sur TSN, une chaîne TV sportive canadienne. Il y a également l'Impact Montréal et sa série Secteur 12 et les Red Bulls de New York avec Red Bull Insider.







D'autres initiatives intéressantes sont à relever. Il y a notamment celle des Colorado Rapids qui présentent les stats d'avant-match de façon plutôt esthétique et celle des Columbus Crew qui proposent après chaque match à domicile une vidéo des buts marqués par son équipe, filmés par des caméras installées dans les cages de but, la Goal Cam.




Pour avoir une stratégie de contenu vidéo optimale, il est intéressant d'associer la production de vidéos de qualité comme vu ci-dessus, avec la production de vidéos plus courtes, moins travaillées mais permettant d'être plus réactif sur le web. L'attention d'un internaute est de plus en plus difficile à capter et à conserver, d'où la nécessité de créer des contenus rapidement consommables (par leur réactivité et leur courte durée) et impactants. C'est ce que l'on appelle le Snacking Content. Des contenus à fort potentiel d'engagement et de viralité et particulièrement adaptés aux mobinautes. C'est pourquoi les clubs de MLS sont très actifs sur Vine, outil parfait pour ce type de contenus. Voici quelques exemples de vidéos publiées sur les comptes Vine de franchises MLS: 





Les clubs de Ligue 1 sont également adeptes de Vine et des contenus courts, mais je voulais insister sur le fait que les franchises MLS savent s'adapter aux différents types de consommation de contenus vidéos. Des contenus courts, longs, complémentaires, qui enrichissent la Fan Experience en immergeant les supporters au cœur de leur équipe et tentent d'en séduire de nouveaux.



Une mise en avant des journalistes/Community Managers

J'ai évoqué plus haut la présence de reporters internes aux clubs et leur implication dans la stratégie de contenus vidéos des franchises MLS. C'est vrai que ces franchises mettent en avant dans leur communication leurs journalistes et même pour certaines leur Community Manager dans des programmes vidéos, autres que les Match Preview vus précédemment. C'est le cas notamment des New England Revolution et des Portland Timbers dont les reporters présentent des programmes vidéos réguliers avec des interviews de joueurs, des analyses de matchs, ou encore de la chargée de communication du Sporting Kansas City qui donne régulièrement de sa personne pour promouvoir les produits dérivés de l'équipe. Cette mise en avant des communicants et journalistes permet à ces franchises MLS de communiquer de manière plus incarnée, plus proche et plus dynamique.




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Posté par Sporting Kansas City sur jeudi 3 décembre 2015


Mais l'exemple le plus marquant est celui de la ligue elle-même. Depuis cette saison, la MLS a fait appel à Rachel Bonnetta, précédemment Brand Ambassador du Toronto FC. Très présente dans la communication de la ligue, la jeune femme présente notamment son propre programme hebdomadaire, Off Topic dans lequel elle part à la rencontre des joueurs dans un esprit décalé. Elle semble également être en charge de la présence de la MLS sur Snapchat.




On retrouve une démarche similaire en France de la part de l'OGC Nice avec des vidéos d'avant-match présentées par une jeune femme. Une initiative intéressante dont les autres clubs de Ligue 1 pourraient s'inspirer pour dynamiser leur communication.




Une mise en avant des contributions des joueurs

Les personnes les plus à même de créer des contenus sont finalement les joueurs eux-mêmes. Très actifs sur les réseaux sociaux, leurs comptes Twitter sont mis en avant par la MLS, sur les pages dédiées aux joueurs sur son site web et dans une liste via son compte Twitter. La ligue a même créé des trophées récompensant les meilleurs joueurs dans ce domaine. Ces trophées, les #MLSSoshies, sont décernés grâce aux votes des internautes dans 5 catégories (meilleure photo, selfie, photo de famille, d'amis et joueur le plus actif). L'idée est très intéressante car elle créé de l'engagement auprès des fans et stimule la productivité des joueurs sur les réseaux sociaux, qui, par leur popularité et productivité, sont en réalité les meilleurs ambassadeurs de la MLS sur le web. 
On remarque qu'il y a un réel intérêt pour ces contributions des joueurs, avec des clubs qui proposent des rapports de ces contribution. C'est notamment le cas des New England Revolution avec une revue hebdomadaire en vidéo et de la MLS qui avait publié une sélection des publications des joueurs sur Snapchat.







Une utilisation avancée de Snapchat

Snapchat tient effectivement une place importante dans la communication des franchises MLS comme de la ligue elle-même. Certains clubs de Ligue 1 y sont présents, mais la particularité de la MLS est de proposer régulièrement des Live Stories dédiées à certains matchs (comme la finale) en plus des Stories traditionnelles. Ces Live Stories regroupent les meilleurs contenus publiés par les utilisateurs de Snapchat dans une même Story et sont disponibles à tous les utilisateurs même ceux qui n'y sont pas abonnés. C'est une opportunité intéressante pour la MLS, lui permettant de communiquer à la fois auprès d'une cible plutôt jeune, mobile et internationale car ces Live Stories sont accessibles à tous. En France, le PSG a eu accès récemment à cette opportunité lors du match contre Toulouse, de même que l'OGC Nice.


Et là où la MLS va plus loin avec Snapchat, c'est lorsqu'elle a proposé aux utilisateurs, de voter pour le choix du capitaine du dernier All Star Game regroupant les meilleurs joueurs de la ligue. Concrètement, les utilisateurs abonnés au compte de la MLS pouvaient voter en faisant une capture d'écran du snap (notifiant ainsi le vote auprès du compte Snapchat de la MLS) concernant le joueur choisi parmi 3 candidats. Au-delà de l'intérêt ou non de faire choisir le capitaine par les supporters, il y a ici une utilisation intéressante de Snapchat pour encourager l'engagement des supporters utilisateurs de l'application.


Une mise en avant des partenaires sur les réseaux sociaux

Dans les vidéos publiées dans ce billet, vous avez surement remarqué que beaucoup d'entre elles sont sponsorisées. C'est effectivement une pratique très courante de la part de la MLS et de ses franchises pour mettre en avant leurs partenaires, qui sont paradoxalement (et contrairement aux clubs de Ligue 1) peu présents sur les tenues des joueurs. Les Etats-Unis et le Canada sont des pays où le sponsoring et le naming sont omniprésents dans le sport. Ce sont des pratiques plus naturelles et acceptées que chez nous. Par exemple, lors de la finale de dimanche, à chaque but marqué, le mot Goal s'affichait à l'écran en intégrant le logo d'Audi (à la place du "o").
Ainsi, chaque publication sur les réseaux sociaux est propice à une exposition d'un sponsor. Cela est vrai pour les vidéos, mais également pour les photos. 2 clubs sponsorisent même les publications célébrant les anniversaires de leurs joueurs. Voici quelques exemples:






Who is September's Santander Bank US Man of the Month?
Posté par New England Revolution sur lundi 28 septembre 2015


Sans être aussi excessif dans la sponsorisation des contenus, c'est une piste à envisager afin de valoriser les partenaires et monétiser une large audience générée par la présence des clubs de football sur les réseaux sociaux.


Conclusion

Je pourrais également évoquer la création d'une série d'émojis personnalisés par les New York Cosmos, mais le club n'est pas membre de la MLS. En tout cas, c'est un autre exemple qui démontre que les clubs de soccer nord-américains sont vraiment à la pointe en matière de communication sur les réseaux sociaux. Face à la nécessité de réussir sur le plan économique et à la concurrence des autres sports collectifs plus populaires, les franchises MLS se doivent d'exploiter de manière avancée les médias sociaux à disposition. C'est en effet en communiquant de manière dynamique, proche des fans et en alimentant continuellement le web de contenus de qualité, que la MLS et ses franchises attirent l'attention d'une audience dans un secteur à fort potentiel d'engagement qu'est le sport. En France, certains clubs sortent du lot, comme le PSG, l'OGC Nice ou le Toulouse FC, mais malgré des moyens économiques moins importants, les clubs nord-américains devraient être une source d'inspiration non seulement pour les clubs français mais également européens.




vendredi 30 octobre 2015

Top 5 des spots de pub diffusés pendant la Coupe du monde de rugby

Une Coupe du monde d'un sport majeur est toujours un événement pour les supporters, mais également les annonceurs. Qu'ils soient partenaires ou non de l'événement, c'est une opportunité pour les marques de communiquer à travers le sport et en l’occurrence ici le rugby, pour toucher une cible captivée par l'événement, tout en mettant en valeur leur créativité.


La Coupe du monde de rugby s'achevant demain avec la finale opposant l'Australie à la Nouvelle-Zélande, j'ai eu envie de mettre en avant des spots faisant la promotion de partenaires de la compétition, d'équipes ou de joueurs participants. Dans un précédent billet, j'évoquais la tendance au retour à l'authenticité dans la communication des annonceurs liés au rugby à l'approche de cette Coupe du monde. Ici, je fais mon classement des spots de publicité diffusés en TV ou sur Internet qui m'ont le plus marqué pendant la compétition, par leur humour, originalité ou pertinence.


1. Air New Zeland

On commence avec la compagnie aérienne néo-zélandaise, Air New Zeland, partenaire de l'équipe des All Blacks. La compagnie a l'habitude de réaliser des vidéos décalées présentant les consignes de sécurité. Ainsi, avant la Coupe du monde, la compagnie a mis en scène des joueurs All Blacks dans une vidéo faisant référence aux films Men In Black avec d'importants moyens. 



On y retrouve les joueurs Dan Carter, Richie McCaw, Israel Dagg, Sam Whitelock, Kieran Read, Keven Mealamu, le sélectionneur Steve Hansen, l'anglais Martin Johnson, l'australien David Campese, l'argentin Agustin Pichot, le comédien Rip Torn (présent dans les films) et le chanteur local Stan Walker. A noter la performance vocale d'Israel Dagg, finalement non retenu dans la sélection pour participer à la compétition, et qui s'était déjà illustré avec des coéquipiers des Canterbury Crusaders dans un boys-band, les C-City Brothers. J'aime beaucoup le ton décalé de la vidéo, présentant quelque chose de sérieux mais de manière parodique. Même si la compagnie aérienne est coutumière du fait, il est appréciable de voir les joueurs néo-zélandais jouer autant le jeu de la parodie. Un ton décalé qui contraste avec le ton plus sérieux des campagnes de communication des partenaires du XV de France.


2. Lucozade Sport

On reste dans l'humour avec la marque britannique de boissons pour le sport Lucozade Sport. Lucozade est une marque très présente dans le milieu du sport et notamment le rugby en étant partenaire des équipes nationales anglaise, écossaise et de nombreux joueurs dont le français Dimitri Szarzewski (qui a eu droit à son spot). A l'occasion de la Coupe du monde, une vidéo a été réalisée mettant en scène des joueurs d'équipes adverses. 



On retrouve l'australien Drew Mitchell, le sud-africain Bryan Habana et le namibien Jacques Burger s'exerçant à paraître britannique pour pouvoir acheter la fameuse boisson, apparemment uniquement distribuée au Royaume-Uni et en Irlande. Ils en sont empêchés par des joueurs représentants des quatre nations britanniques: l'anglais Chris Robshaw, le gallois Leigh Halfpenny, l'écossais Stuart Hogg et l'Irlandais Conor Murray. Le résultat est plutôt sympa, en voyant ces joueurs adversaires lors de la compétition être ensemble dans la même vidéo, ce qui est plus fréquent dans les campagnes de communication impliquant des footballeurs (voir un ancien billet sur le thème). La force de ce spot est également dans le patriotisme britannique en opposant les joueurs britanniques aux joueurs de l'hémisphère sud. Cela permet à Lucozade de fédérer sa cible tout en évitant par ces quatre ambassadeurs de ne pas prendre partie, comme le fait également la marque Dove Men Care (voir un précédent billet).


3. O2 en Angleterre

Autre partenaire du XV de la Rose, l'opérateur téléphonique O2, qui a réalisé un spot tout en animation. La vidéo, diffusée avant la compétition, met en scène des joueurs anglais qui grandissent jusqu'à devenir des géants, grâce au soutien du peuple anglais. La signature, Make Them Giants illustre cette volonté de l'annonceur de fédérer la population anglaise autour de son équipe nationale, notamment les enfants. 



Un très joli spot, qui sera accompagné plus tard, au fil de la compétition de spots plus courts, qui s'adapteront aux résultats de l'équipe jusqu'à une vidéo de remerciement envers les fans après leur élimination.



Si vous vous intéressez aux activations de partenariats autour du XV de la Rose, je vous conseille un ancien billet sur le sujet.



4. Canterbury en Irlande

Egalement dans une démarche fédératrice entre un peuple et son équipe nationale, la marque Canterbury, qui équipe la sélection d'Irlande (en plus de l'Angleterre, du Japon et de la Namibie) a réalisé un spot dans ce sens, publié sur YouTube juste deux jours avant le début de la compétition. Dans cette vidéo, sont présents certains joueurs, mais également quatre simples supporters pour lesquels les noms et la province apparaissent, accentuant l'effet de proximité et de crédibilité. Ces quatre supporters viennent des quatre provinces irlandaises, illustrant la dimension particulière de ce maillot réunissant la nation irlandaise constituée des habitants de l'Eire et d'Irlande du Nord. Une particularité et un maillot que l'équipementier sublime dans cette vidéo en insistant sur son rôle rassembleur ("all connected by the green jersey"). A noter que contrairement au spot anglais vu précédemment, les joueurs irlandais sont mis au même niveau que leurs supporters.




5. Emirates

Enfin, voici le spot de la compagnie aérienne Emirates, qui est partenaire officiel de la Coupe du monde de rugby. Ce qui est surprenant, c'est la présence d'un ballon de marque Gilbert, également partenaire officiel de la compétition et qui est peut-être même davantage mis en valeur dans cette vidéo que la compagnie aérienne elle-même. Mais c'est à travers ce ballon, humanisé en tant que client, que la compagnie expose son savoir-faire avec une touche d'humour. Ce qui me plait dans ce spot publicitaire, c'est justement cette mise en valeur du ballon, protagoniste essentiel de la compétition et qui est exploité avec pertinence par Emirates. Certes, on est très loin de la vidéo d'Air New Zeland, vue plus haut, mais cela peut se comprendre par la différence culturelle et l'aspect officiel du partenariat entre Emirates et la compétition. 




mardi 27 octobre 2015

Un dispositif de brand content musical pour Pull&Bear

Pour promouvoir sa nouvelle collection, la marque de vêtements Pull&Bear vient de lancer un projet musical original sous le nom de #bemorebarrio. En faisant interpréter une chanson écrite pour l'occasion par différents artistes, la marque a conçu un projet musical international s'inscrivant dans un dispositif de brand content au service de la nouvelle collection éponyme.



Pull&Bear est une enseigne de prêt-à-porter que j'affectionne particulièrement, notamment pour ses chaussures. Une autre chose que j'aime chez eux, c'est leur dernière opération de communication s'articulant autour de leur nouvelle collection automne/hiver. Cette collection s'inspirerait du concept du quartier, comme "un espace de culture locale qui s'inscrit dans un processus de mondialisation". Pour en faire la promotion, la marque a fait appel au groupe de musique australien Sheppard pour écrire et composer un morceau qui serait le reflet de cette collection.



Cette chanson, intitulée Be More Barrio, comme la collection, a ensuite été reprise par 6 autres artistes ou groupes. Les reprises ont été filmées dans des lieux qu'ils ont choisi au sein de leur quartier respectif. Elles sont accompagnées par des vidéos dans lesquelles les artistes mettent en lumière leur propre quartier et témoignent du lien qu'ils entretiennent avec lui.




L'ingéniosité de la campagne est d'avoir fait appel à des artistes émergents et populaires sur les réseaux sociaux et plus précisément YouTube. Ils sont également adeptes des reprises, c'est généralement ce qui les ont fait connaître sur le web. Ainsi, alors que les vidéos témoignages sont diffusées sur la chaîne de Pull&Bear, les vidéos des reprises sont diffusées, elles, sur les chaînes des artistes, ce qui permet à la marque de toucher les communautés de fans de ces artistes ayant collaborés au projet.











A noter que dans les vidéos, les artistes portent des vêtements issus de cette nouvelle collection. Un placement de produits qui paraît évident et qui est réalisé de manière beaucoup plus subtile qu'à l'habitude dans les clips musicaux. Les vêtements portés par les artistes sont ainsi proposés à l'achat sur les pages web dédiées aux artistes sur le site web de l'enseigne. Par contre, la collection aurait pu bénéficier d'une meilleure exposition à l'intérieur même des vidéos en utilisant des fiches interactives présentant les vêtements concernés.

En parallèle à ce dispositif musical, un projet photographique reprend le concept de l'opération. Ainsi, des mannequins présentent les vêtements de la collection en immersion dans les quartiers les plus authentiques du monde. Un appel à contributions sur les réseaux sociaux sous le hashtag #bemorebarrio permet à chacun de participer au projet.

J'aime beaucoup l'ensemble de ce dispositif, à la fois dans son concept et sa réalisation. Pour une enseigne de prêt-à-porter comme Pull&Bear qui s'adresse à une cible jeune et urbaine, proposer un projet musical international ayant pour thématique les quartiers urbains lui permet de présenter sa nouvelle collection de façon atypique, tout en affirmant son territoire de marque. De plus, la musique étant l'un des meilleurs moyens pour toucher les jeunes, notamment sur Internet, je trouve très intéressant l'idée d'utiliser ce support tout en faisant appel à des artistes choisis à la fois pour leur popularité sur le web mais également pour leur travail. De nombreuses marques communiquent à travers la musique et les musiciens, mais ici, Pull&Bear, en produisant soi-même du contenu musical à son image, communique de manière plus naturelle et pertinente. Quant à l'appel à contributions sur les réseaux sociaux, il permet de viraliser la campagne auprès de la cible recherchée.

On peut regretter cependant l'absence d'artistes français ou vivant en France dans ce projet, de même que les reprises soient peut-être trop proches musicalement et pas suffisamment originales à mon goût. Enfin, on peut rapprocher ce dispositif de brand content musical du projet 3 Artists, 1 Song de la marque Converse. Un concept assez proche réunissant trois artistes aux univers différents pour réaliser un morceau dont le clip expose les chaussures de la marque. Un concept assez proche mais néanmoins inversé (+ d'infos sur le projet dans un précédent billet).



mercredi 21 octobre 2015

Un dispositif transmedia impressionnant pour le film Seul sur Mars

Le blockbuster Seul sur Mars est l'un des films les plus attendus de l'année. Numéro 1 du box office américain plus de deux semaines après sa sortie, il a pu bénéficier d'une campagne de promotion à sa mesure. A l'occasion de sa sortie en France, j'avais envie d'analyser en particulier le dispositif transmedia utilisé pour en faire la promotion, en intégrant le film dans le monde réel.




C'est aujourd'hui que sort sur nos écrans français le film Seul sur Mars, (The Martian en VO), réalisé par Ridley Scott. Adapté d'un roman d'Andy Weir, le film raconte l'histoire de la mission Ares III dont l'objectif est l'exploration de la planète Mars. L'histoire ayant lieu dans un futur proche et faisant écho à la conquête martienne en projet, il a été très pertinent de disperser la narration en l'intégrant à notre monde réel afin de nous immerger au plus près de l'histoire. Ainsi, en exploitant les réseaux sociaux et en bénéficiant de partenariats, cette conquête martienne fictive nous semble presque réelle.

Une chaîne YouTube de la mission spatiale

Pour faire la promotion d'un film à gros budget, il est d'usage d'alimenter le web de teasers en complément des bandes-annonces, afin de susciter de l'attente et de la curiosité autour de ces films. Le cas du nouveau film Star Wars en est un parfait exemple. Pour Seul sur Mars, quatre mois avant la sortie américaine du film, une vidéo teaser a été publiée sur YouTube. Dans cette vidéo, Mark Watney, le personnage principal du film et membre de la mission spatiale nous présente les autres membres d'équipage du vaisseau Hermes, peu de temps avant le décollage. Cette vidéo a comme particularités de ne pas apparaître dans le film et d'être publiée sur une chaîne YouTube dédiée à la mission Ares III et non au film lui-même. 


La création d'une chaîne YouTube dédiée à la mission, permet de développer la narration du film dans un univers réel qu'est celui de YouTube, afin d'immerger l'internaute dans l'univers fictif du film. De même, l'absence de la bande-annonce sur cette chaîne renforce ce caractère crédible et immersif. D'autres vidéos seront par la suite publiées sur la chaîne jusqu'à la sortie du film et notamment une vidéo présentée comme étant un épisode spécial de l'émission StarTalk. Cette émission qui existe réellement, est présentée par l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson, qui ici nous présente les enjeux et les dangers de la mission.  


Les contenus publiés sur cette chaîne sont (j'imagine) absents du film et participent à sa promotion, tout en apportant au futur spectateur des éléments supplémentaires qui enrichissent l'expérience cinématographique. Cependant, la chaîne fait la promotion des comptes du film sur les réseaux sociaux et incite les visiteurs à acheter leur billet, ce qui rend l'expérience beaucoup moins immersive finalement.

Un spot de pub pour Under Armour

Parmi les vidéos publiées sur cette chaîne YouTube, une autre a particulièrement attiré mon attention. Il s'agit d'une vidéo intitulée Leave Your Mark mettant en scène le personnage principal du film, Mark Watney dans ce qui ressemble à un spot de publicité à la fois pour le projet Ares et pour la marque Under Armour, dont l'astronaute serait l'ambassadeur. On y retrouve d'ailleurs tous les codes des spots de publicités pour les équipementiers sportifs.

Ce spot, non présent dans le film, participe au processus de teasing pour sa promotion, tout en intégrant une marque partenaire. Cette technique de placement de produit appliquée au cinéma est très habile car moins intrusive et permet une forte exposition dans le sens où ce spot devient lui-même un teaser du film. Un spot dont la signature Leave Your Mark, uniquement appliquée à celui-ci comporte un jeu de mots malin avec le prénom de l'astronaute.

Un hashtag #BringHimHome 

Mark Watney étant resté bloqué sur Mars, un hashtag a été lancé sur les réseaux sociaux avant la sortie du film, incitant les internautes à se mobiliser. Cette technique est très astucieuse, car en nous incitant à viraliser la mobilisation à travers ce hashtag, nous faisons la promotion du film. Une promotion d'autant plus stimulante et engageante, car à la place de partager une simple vidéo ou une photo promotionnelle, nous participons à l'extension narrative du film sur les réseaux sociaux de notre monde réel, et participons à notre façon au film.



Un guide de la mission

Sur le site web du film est disponible en téléchargement un guide de la mission Ares III. Le document de 17 pages nous présente tous les détails de la mission à venir, avec ses objectifs, les portraits des membres de l'équipe, des photos de simulation ou encore un message du directeur de la NASA (celui du film). Un guide sorti tout droit de l'univers du film et qui nous permet de nous y immerger davantage tout en découvrant des éléments qui ne seront pas forcément présentés dans le film.

Une carte de la planète Mars sur Bing

En partenariat avec Microsoft et son moteur de recherche Bing, une carte de la planète Mars a été conçue à partir de l'outil Bing Maps. Les internautes sont ainsi invités à explorer la planète sur laquelle sont indiqués par exemple les cratères répertoriés, l'emplacement de modules entrés en contact avec la planète, ou encore le parcours de l'astronaute. Une version sans spoiler de la carte est disponible, occultant les éléments révélés dans le film. Plus d'infos ici.


Un jeu vidéo

Un jeu vidéo payant a été développé sur mobile. Il permet aux joueurs de secourir le personnage principal du film, en prenant la place de son seul contact sur Terre au sein de la NASA. L'objectif est de le maintenir en vie en l'aidant à prendre des décisions grâce aux informations disponibles auprès de la NASA ou ses signes vitaux. Le jeu est également compatible sur Apple Watch. Les déclinaisons des blockbusters en jeux vidéo sont assez courantes, mais ici, le joueur évolue de manière particulièrement immersive dans l'univers du film, en interagissant directement avec le personnage central.


Un partenariat avec la NASA

Enfin, le film a pu bénéficier d'un partenariat avec la NASA, lui apportant un support technique et scientifique pour qu'il soit le plus crédible possible. L'agence est présente dans le film, notamment à travers son logo omniprésent et a même participé à sa campagne de promotion. Le film a par exemple été diffusé en avant-première mondiale le 19 septembre à bord de la station spatiale internationale et une session questions/réponses a été organisée entre les acteurs du film et les astronautes de la station.


Ce partenariat légitime a pu être bénéfique aux deux parties, puisque cela a permis à la NASA de gagner en visibilité et en crédibilité auprès de l'opinion publique et des décideurs, dans son projet d'envoyer IRL une équipe sur la planète Mars.

De même, la confirmation récente par la NASA de la présence d'eau sur la planète Mars, quelques jours avant la sortie américaine du film ne pouvait pas mieux tomber. Un rapprochement entre les deux actualités qui a forcément été beaucoup commenté, comme ici par Jimmy Kimmel:




Nombreux sont les films à développer des dispositifs transmedia, notamment pour en faire leur promotion. Je peux citer comme autre exemple celui du film Batman vs Superman avec le développement de la présence en ligne de LexCorp (plus d'infos). Mais ici, la force du dispositif transmedia du film Seul sur Mars réside principalement dans les liens étroits existant entre le film et la NASA, par leur partenariat et leur actualité respective, repoussant encore plus la frontière entre fiction et réalité. Un dispositif transmedia impressionnant, qui brille par sa pertinence et également par sa densité en exploitant de nombreux supports de notre quotidien. Le futur spectateur est alors en totale immersion dans l'univers du film, ce qui enrichit considérablement son expérience cinématographique.



mercredi 16 septembre 2015

Un retour à l'authenticité dans la communication autour du rugby à l'approche de la Coupe du monde

La marque de bière irlandaise Guinness a marqué les esprits avec ses deux derniers spots présentant le parcours de l'ancien joueur Springbok Ashwin Willemse et surtout du gallois Gareth Thomas évoquant son homosexualité. Ces deux spots poignants s'inscrivent dans une tendance pour les annonceurs liés au rugby avec un retour à l'authenticité.





A l'approche de la Coupe du monde de rugby, les marques partenaires de ce sport dévoilent leurs campagnes de communication en s'appuyant sur leurs ambassadeurs. Et dans cette mêlée de spots, beaucoup d'annonceurs prônent dans leurs campagnes un retour à certaines valeurs humaines, à de l'authenticité à travers les témoignages de leurs joueurs ambassadeurs. C'est le cas notamment de Guinness, Canterbury, Adidas, Under Armour ou Dove.


Guinness: Made of More avec Ashwin Willemse et Gareth Thomas

La marque de bière dublinoise a dévoilé la semaine dernière deux spots présentant le parcours de deux de ses ambassadeurs, l'ancien ailier sud-africain Ashwin Willemse et l'ancien trois-quart gallois Gareth Thomas. Tous deux ont vécu une histoire particulière qu'ils racontent dans ces vidéos (les témoignages complets sont disponibles à la suite). Willemse, avant de devenir membre des Springboks et champion du monde en 2007, grandit dans un township et fut membre d'un gang. Dans la vidéo, le joueur décrit les différences entre ces deux "équipes", explique comment il a fait la bon choix en délaissant progressivement son gang au profit du rugby et comment le rugby l'a fait grandir humainement.


Dans la deuxième vidéo, Gareth Thomas, ancien capitaine de l'équipe du Pays de Galles témoigne à propos de son coming-out auprès de ses coéquipiers. Il nous fait part de la difficulté qu'il a éprouvé à le faire en tant que premier rugbyman professionnel ouvertement gay et du soutien qu'il a trouvé auprès de ses coéquipiers.


Ces deux histoires jouent peut-être un peu trop sur l'émotion. Mais en communiquant à travers ces deux témoignages et avec sa signature Made of More, Guinness veut nous monter, que le rugby, plus qu'un simple sport, est une famille qui nous fait grandir et nous fait se sentir entouré.

En novembre dernier, à l'occasion des tournées d'automne et sur le même modèle, Guinness nous présentait quatre autres histoires témoignant du tempérament hors-normes de joueurs: le retour en grâce de Jonny Wilkinson à Toulon, la détermination de Shane Williams, la victoire historique des joueurs du Munster face aux All Blacks en 1978 et la reconversion de Bill McLaren, joueur victime de la tuberculose et qui devint un commentateur remarquable. Avec ces quatre histoires, Guinness met l'accent sur les qualités mentales, plus importantes que les qualités physiques dans ce sport.

      


Canterbury: Committed to the Game

De son côté, l'équipementier Canterbury utilise également cette mécanique en mettant l'accent sur les qualités mentales, sur l'engagement, comme en atteste sa signature Committed to the Game. Dans les vidéos récentes associées à cette campagne, la marque qui équipe notamment les sélections anglaises et irlandaises, met en avant son histoire ancienne et celle du maillot anglais. Un storytelling très bien mis en scène en insistant sur l'histoire et la symbolique de la rose présente sur le maillot anglais et sur celle du maillot Canterbury lui-même: "you're wearing more than just a shirt".





Les joueurs ambassadeurs de l'équipementier sont également mis en scène dans des vidéos dans lesquelles ils témoignent de leur rapport avec le rugby, tout en insistant sur cette notion d'engagement. Exemple avec les vidéos-témoignages de l'Australien James O'Connor et de l'anglais Geoff Parling:

 

Adidas: Force of Black

Adidas, également concerné par cette Coupe du monde, communique en Nouvelle Zélande à travers les All Blacks dans une vidéo dans laquelle est mise en scène la force qui anime cette équipe. Un spot spectaculaire, qui allie séquences de jeu, joueurs prenant la pose et symboles illustrant cette force.



Avec cet aspect spectaculaire, on se détourne un peu d'une certaine authenticité, même si Adidas donne la parole dans d'autres vidéos à certains joueurs All Blacks, Dan Carter, Richie McCaw, Ma'a Nonu, Israel Dagg et Sonny Bill Williams, qui témoignent justement de leur vision de cette "Force of Black". Ils y expliquent ce que représente pour eux ce maillot noir et ce qu'il leur apporte sur le terrain.

    



Under Armour: Earn your Armour

Autre équipementier, autre témoignage, celui de Leigh Halfpenny, arrière de la sélection galloise et ambassadeur d'Under Armour. A l'occasion du dernier Tournoi des 6 nations et dans le cadre d'une campagne de communication globale intégrant différents sports sous la signature Earn your Armour, Halfpenny est mis en scène dans une vidéo dans laquelle il témoigne de sa motivation. Il évoque ses ambitions, sa fierté de représenter son pays et également son échec lors d'une tentative ratée de pénalité en fin de match face à la France en demi-finale de la dernière Coupe du monde. Cette vidéo met en évidence à la fois la préparation physique et les capacités mentales du joueur, ingrédients essentiels pour le rugby de haut niveau.




Dove Men Care - #scrumtogether

Enfin, la marque Dove, qui, pour sa gamme de produits pour hommes, avait dévoilé un spot particulièrement réussi à l'occasion du dernier Tournoi des 6 nations et qui est ré-exploité actuellement à l'approche de la Coupe du monde. La particularité de cette campagne #scrumtogether est qu'elle réunit les sélections de l'Angleterre, de l'Irlande, du Pays de Galles et de l'Ecosse dont elle est partenaire (cela évite de prendre parti). Dans ce spot, on y découvre plusieurs joueurs de ces quatre sélections dans leur préparation physique et mentale d'avant-match, tout en récitant une adaptation rugbystique du fameux poème If de Rudyard Kipling. Dans cette version, les joueurs évoquent les compétences mentales et comportementales à avoir pour être rugbyman (les paroles sont disponibles dans la description de la vidéo) et même si les joueurs adversaires ne s'y côtoient pas, le spot nous montre l'aspect rassembleur et fédérateur de ce sport, à travers ce poème collectif.



J'évoque également cette opération de Dove Men Care dans un précédent billet consacré aux 5 meilleures opérations de communication des sponsors du XV anglais à lire ici.


Bilan

Toutes ces vidéos s'inscrivent dans une tendance au retour à une certaine authenticité dans la communication autour du rugby. Les annonceurs mettent en avant leurs joueurs ambassadeurs pour les faire témoigner de leur relation avec le rugby, de leur parcours, de leur ambition, afin de communiquer autour des valeurs humaines liées à ce sport, au-delà de l'aspect convivial et spectaculaire si souvent exploité habituellement. Ici, ces opérations de communication sont recentrées sur l'humain, les rugbymen, dont les histoires personnelles permettent aux annonceurs de délivrer un message plus réaliste et sincère. Bref, une communication que l'on peut juger comme étant plus authentique, et qui peut se justifier par l'ancrage de ces annonceurs dans le rugby s'adressant ainsi non pas au grand public mais à des connaisseurs.



vendredi 26 juin 2015

Les 5 raisons qui démontrent pourquoi Daenerys Targaryen ferait une excellente Community Manager

Daenerys du Typhon, de la Maison Targaryen, suzeraine légitime des Sept Couronnes, reine des Andals et des Premiers Hommes, mère des dragons. Autant de titres pour désigner l'un des personnages les plus emblématiques de Game of Thrones. Une reine dotée de nombreuses qualités pouvant s'appliquer au Community Management et qui en feraient d'elle une Community Manager remarquable.


La saison 5 de la série Game of Thrones s'est achevée il y a peu. C'est donc l'occasion pour moi de m'intéresser à ce personnage majeur qui m'a particulièrement marqué par ses aptitudes en stratégie, diplomatie, leadership et potentiellement en Community Management. J'ai ainsi pu identifier 5 aptitudes chez elle qui sont recherchées dans ce domaine.

Remarque: Ce billet concerne les 5 premières saisons de la série tv (et non les livres). Il peut par conséquent contenir des spoils si vous n'avez pas vu tous les épisodes.


1. Un sens de l'adaptation à un environnement étranger


Être Community Manager, c'est avant tout s'adapter à l'univers d'une marque, d'une entité, en maîtrisant sa culture, sa cible, son environnement, ses codes, afin de devenir son porte parole sur les réseaux sociaux. Ce sens de l'adaptation, Daenerys l'a démontré à de multiples reprises tout au long de son ascension. Vivant en exil sur un continent étranger, elle s'est mariée au Khal Drogo, chef des Dothrakis, une tribu au mode de vie totalement différent du sien. Pourtant, elle réussit à s'intégrer parfaitement à cette nouvelle communauté, en apprenant rapidement leur langue et en s'adaptant à leurs coutumes. La scène la plus marquante est lorsqu'elle mange le cœur d'un cheval lors d'une cérémonie en l'honneur de son futur fils (saison 1, épisode 6). Elle se fait alors acclamée par son nouveau peuple. C'est ainsi qu'en peu de temps elle réussit à se faire acceptée, respectée et aimée par la communauté Dothraki dont elle devient une membre légitime. Ce sentiment d'appartenance à cette communauté se manifeste notamment par la distance progressive qu'elle marque avec son frère et cet échange avec Jorah Mormont (saison 1, épisode 3):  "You're learning to talk like a queen. Not a queen, a Khaleesi", illustrant sa parfaite intégration et adaptation à sa nouvelle communauté.



2. Un pouvoir de fédération impressionnant


Dans sa quête d'élargissement de sa communauté, un Community Manager doit réussir à fédérer autour de la marque dont il administre la présence sur les réseaux sociaux. C'est l'aspect stratégique de ce métier, où le choix des stratégies éditoriales appliquées à chaque outil doit lui permettre de rassembler la plus grande communauté possible. Tout au long de la série, Daenerys Targaryen a réussi à fédérer une communauté aussi importante que variée, autour de sa propre cause. Ce qui va les convaincre, c'est sa propre personnalité, sa vision, son charisme, son autorité et sa bienveillance. Ainsi, nombreux seront ceux qui rallieront sa cause. Jorah Mormont (pourtant en charge de l'espionner), Barristan Selmy, Daario Naharis, Varys, Tyrion Lannister. Autrefois ennemis, ils seront tous séduits et convaincus de ses aptitudes à gouverner les Sept Royaumes. Aux portes des cités de Yunkaï (saison 3, épisode 10) et de Meereen (saison 4, épisode 4), ce seront les esclaves qui verront en elles une libératrice et même une mère, lorsque les esclaves de Yunkaï la portent en triomphe en l'appelant Mhysa. Daenerys réussit ainsi à faire grandir sa communauté de manière impressionnante par ses actes et ses traits de caractère.



3. Une confiance en sa cause et les membres de sa communauté


Pour un Community Manager, animer une communauté, c'est également établir un rapport de confiance, vis-à-vis de l'employeur mais aussi de ses membres. En effet, pour une entité, être présente sur les réseaux sociaux n'est pas sans risque pour sa réputation. Elle doit avoir confiance dans le professionnalisme de son Community Manager et la bienveillance des internautes. Quant au Community Manager, il sera d'autant plus facile pour lui d'animer sa communauté, s'il réussit à développer un climat de confiance avec ses membres qui seront plus à même de s'impliquer et de défendre à l'occasion la marque.

Daenerys, elle, est très confiante dans la cause qu'elle représente. Elle poursuit son objectif de libérer les esclaves du continent et de s'emparer du trône de fer. Dans sa quête et face à l'augmentation de sa communauté, on remarque un rapport de confiance très fort entre elle et sa communauté. Le meilleur exemple est celui d'Astapor, où elle achète une armée de 8000 soldats-esclaves, les Unsullied (saison 3, épisode 4). Cela s'apparente à de l'achat de fans, pratique très controversée à juste titre et peu efficace si l'on recherche de l'engagement. Le talent de Daenerys a été ici de les libérer aussitôt de leur contrainte d'esclave avec l'espoir d'obtenir leur soutien. Elle réussit ainsi à fédérer une communauté désormais beaucoup plus impliquée autour de sa cause. Ce fut également le cas dans le dernier épisode la 1ère saison où elle libère les esclaves des Dothrakis en espérant qu'ils la suivent. Un succès moins unanime qu'à Astapor, mais un succès tout de même. Ces exemples me rappellent une opération de Burger King en Norvège il y a 2 ans. Sur sa Page Facebook, la chaîne de restauration rapide proposait un Bic Mac gratuit (de son concurrent McDonald's) en échange d'un bannissement de sa Page Facebook. Un test de fidélité qui a fait perdre à Burger King 80% de ses fans norvégiens, mais lui a fait gagner par la suite un taux d'engagement 5 fois supérieur (plus de détails). Ce rapport de confiance entre Burger King et ses fans et Daenerys et son peuple, leur permet de bénéficier d'une communauté dévouée, plus solide et plus impliquée pour défendre leurs causes. On retrouve aussi cette confiance envers les membres de sa communauté lorsqu'elle accueille ses anciens ennemis Daario Naharis, Tyrion Lannister, lorsqu'elle nomme un ancien esclavagiste, Hizdahr zo Loraq, comme ambassadeur pour la représenter à Yunkaï (saison 4, épisode 7) et puis lorsqu'elle s'avance, sans protection, dans la foule des esclaves de Yunkaï l'acclamant et la portant en triomphe (saison 3, épisode 10).



4. Une mise en avant de ses ambassadeurs

Avoir une communauté dévouée et fidèle ne suffit pas. Le Community Manager doit valoriser ses membres en les impliquant pour faire vivre la communauté. Dans Game of Thrones, Daenerys Targaryen n'a de cesse de mettre en avant ses compagnons notamment par l'intermédiaire de son conseil où elle valorise l'opinion de chacun des membres. Elle intègre ainsi dans son conseil des représentants des différentes populations de sa communauté. On retrouve donc parmi ses conseillers un représentant de son armée d'Unsullied, Torgo Nudho, qui est choisi par les officiers eux-même, un ancien esclave de Meereen, Mossodor et un ancien esclavagiste de la même cité, Hizdahr zo Loraq. Cette diversité dans son conseil, lui permet d'avoir une vision globale des aspirations et opinions de sa communauté. Une communauté dont elle se préoccupe de tous ses membres, plus ou moins prestigieux, comme lorsqu'elle réagit avec sévérité quand l'un de ses 8000 soldats se fait égorger par l'un des Fils de la Harpie (saison 5, épisode 1). Autre exemple illustrant cette considération envers les membres de sa communauté, lorsque Jorah Mormont réussit à la convaincre de ne pas envoyer Daario Naharis reconquérir avec force Yunkaï (saison 4, épisode 7). Elle suit ses conseils et lui demande de rapporter à Daario Naharis le fait qu'il lui a fait changer d'avis ("Tell him I've change my mind. No. Tell him you changed my mind") pour lui montrer de la gratitude et renforcer l'implication de l'un de ses "fans" les plus dévoués.



5. Une prise en compte des critiques négatives et des sollicitations


Pour une marque, être présente sur les réseaux sociaux, c'est aussi s'exposer aux sollicitations et critiques des internautes, membres ou non de sa communauté. La mission du Community Manager implique donc une attention et une diplomatie particulières vis à vis de toutes ces requêtes dont certaines pourraient nuire à la réputation de la marque qui l'emploie et provoquer des bad buzz. 
Dans Game of Thrones, Daenerys a été confrontée à de nombreuses mésaventures dans sa quête du trône de fer, notamment à Meereen. Des obstacles qu'elles a su contourner grâce à son sens du compromis et le soutien de sa communauté. Lors de l'approche de la cité de Meereen (saison 4, épisode 1), elle est confrontée en guise d'avertissement, à des esclaves crucifiés tous les miles (163). Loin de les ignorer, elle décide d'y faire face en refusant qu'on ne les enterrent avant son passage ("I will see each and everyone of their faces"). Une fois dans la cité conquise, elle est soumise aux doléances des nouveaux membres acquis, esclavagistes ou esclaves. Elle accepte, contre ses convictions, les requêtes d'un ancien esclave désirant repartir vers son maître et de Hizdahr zo Loraq, fils d'esclavagiste voulant enterrer son père crucifié selon ses ordres. Elle se retrouve aussi confrontée au comportement de ses dragons, qui ont tué une petit fille et des chèvres. Elle rembourse trois fois le prix des chèvres au berger et décide à contre-cœur d'enfermer ses dragons pour le bien de sa communauté, alors qui sont parmi les ambassadeurs les plus fidèles à sa cause. Plus tard, toujours à Meereen, elle subit la rébellion des Fils de la Harpie et prend comme décision pour ramener la paix dans la cité, de réouvrir les fosses de combat, comme lui avait conseillé Hizdahr désormais son conseiller. Elle mit du temps à accepter à cette requête car contraire à ses idées, mais accepte finalement et avoue même s'être trompée sur ce point (saison 5, épisode 5). Il y a ici un parallèle avec les marques victimes de bad buzz et qui peinent souvent à prendre leurs responsabilités en avouant leurs fautes, ce que Daenerys finit par faire dans cet exemple. Pour favoriser la paix dans la cité, elle prend même la décision d'épouser Hizdahr, étant un représentant d'une ancienne famille noble de la cité, donc un membre influent de sa communauté (marketing d'influence).


Auparavant, à Astapor, où elle se procure son armé d'Unsullied (saison 3, épisode 4), Daenerys négocie avec un maître esclavagiste qui l'insulte en permanence en valyrien pensant ne pas être compris. Pour le bien de la négociation en vue de l'obtention d'une armée pour son projet, elle garde son calme (comme le doit tout Community Manager face aux insultes), mais une fois la transaction conclue elle se débarrasse de ce hater avec autorité. Elle bénéficie également de l'aide de sa communauté qui se porte à son secours, comme lorsque Jorah Mormont la sauve d'une tentative d’empoisonnement sur un marché ou quand les Dothrakis la débarrassent de son frère Viserys devenu un troll encombrant (saison 1, épisode 6). 




Qu'elle soit reine, khaleesi ou mhysa, Daenerys Targaryen a démontré dans sa quête du trône de fer ses aptitudes à s'intégrer à une communauté étrangère, à la faire grandir rapidement autour de la cause qu'elle incarne, tout en la consolidant en prenant le risque de la réduire. Elle a su montrer également un sens de l'écoute, de la gestion des critiques et de la valorisation de ses membres les plus impliqués. Bref, une Community Manager idéale que toute entreprise souhaiterait recruter. A défaut, je suis sur le marché (mon CV).