mercredi 14 mars 2012

Pub: Guy Roux, ambassadeur du cheap

Depuis quelque temps, on retrouve notre cher Guy Roux dans une série de nouveaux spots publicitaire. Cette fois-ci, il fait la promotion du site Vol24.fr, un comparateur de billets d’avions sur Internet parmi tant d’autres. Même s’il est devenu moins médiatique depuis qu’il s’est retiré des bancs de touche en 2007 pour se consacrer à sa carrière de consultant, l’emblématique coach auxerrois demeure très apprécié des annonceurs.



On connait tous des exemples de campagnes de pub utilisant la popularité du personnage notamment auprès des personnes âgées (Citroën, Isogard System) aussi bien que les traits de caractères spécifiques que l’on lui attribue, son côté proche de ses joueurs (Bouygues Telecom) et surtout de ses sous (Cristaline, La Poste).

Mais ces dernières années, cette radinerie est devenue surexploitée par des annonceurs dont le prix est l’unique argument de vente. Guy Roux est devenu en quelque sorte une caution pour ces marques voulant mettre l’accent sur les économies réalisées grâce à leurs produits ou services, comme Vol24.fr, Zéro forfait, Pièces & Pneus ou Cartridge World. Ainsi, cette spécialisation dans ce type d’annonceurs fait de Guy Roux un ambassadeur du cheap avec des campagnes publicitaires qui ne le sont pas moins.





En plus de sa « cheap attitude », Guy Roux séduit également par sa proximité avec le public et sa crédibilité à promouvoir des marques qui ne font pas forcément rêver dans un milieu footballistique certes populaire mais dont les stars incarnent généralement le luxe et le glamour. Effectivement, il aurait été un peu plus crédible que Zinedine Zidane lorsqu’il prêtait son image à Leader Price après la Coupe du Monde 1998, ce qui lui permet d’être autant sollicité que lui ou qu’Éric Cantona parmi les stars du ballon rond.

Enfin, il est intéressant de remarquer qu’un autre entraineur de football à forte personnalité est devenu lui aussi une égérie publicitaire à savoir José Mourinho, mais dans un tout autre registre, incarnant quant à lui l’élégance (vestimentaire), le charisme, une idée du luxe et de la masculinité même supérieure que chez n’importe quel joueur, que l’on retrouve notamment dans des publicités pour des banques ou des produits hi-tech, plutôt haut de gamme, bref un positionnement opposé à celui de l’ancien coach auxerrois.


autres exemples ici et ici


jeudi 24 novembre 2011

Benetton: une communication qui passe aussi par le sport

La marque Benetton a présenté la semaine dernière sa nouvelle campagne de communication avec ses affiches qui font comme à chaque fois polémique, réussissant à faire réagir le Vatican ainsi que la Maison Blanche. Par le buzz médiatique qu’elle a générée, la campagne « Unhate » est donc un franc succès pour la marque.

C’est l’occasion de s’intéresser à une autre stratégie de communication de la marque italienne. Benetton est en effet également reconnu pour son implication dans le sport. L’exemple le plus connu étant son ancienne écurie de Formule 1, mais Benetton est surtout devenu un acteur principal du sport transalpin via les équipes de rugby, de basket et de volley de Trévise, dont le groupe est propriétaire et le fait savoir en s’intégrant dans la nomination des clubs (l’équipe de volley appartenant à Sisley, une des marques du groupe).


Le rachat de ces équipes permet à Benetton de s’associer aux valeurs véhiculées par le sport et de s’impliquer socialement dans la ville d’origine de la marque, à l’instar de Red Bull propriétaire entre autres des clubs de football et de hockey sur glace de Salzbourg. Benetton a ainsi permis à ces 3 clubs de devenir des références nationales voire européennes, en y mettant les moyens, en recrutant des stars comme le basketteur croate Toni Kukoc (juste avant de rejoindre les Chicago Bulls) ou encore les rugbymen John Kirwan et Craig Green (champions du monde 1987 avec les All Blacks) ainsi que Michael Lynagh (champion du monde 1991 avec l’Australie).

Si l’on s’intéresse au palmarès, les 3 équipes propriétés de Benetton (depuis 1979 pour le rugby, 1981 pour le basket et 1987 pour le volley) ont remporté au total 54 titres nationaux (championnats, coupes, supercoupes) et 13 titres européens, de quoi accroitre la popularité de la marque à travers le continent.

Par contre, le groupe Benetton a annoncé en février dernier la fin de sa collaboration avec ses équipes de basket et de volley pour le 30 juin 2012, soit la fin de la saison en cours. Cette annonce a semé le trouble dans le sport italien tant ces 2 clubs sont des références dans leur sport respectif et dont l’avenir semble ainsi incertain. L’équipe de volley a même déjà été délocalisée dans la ville de Belluno depuis le début de cette saison.

Benetton se consacre désormais uniquement à son équipe de rugby, qui a changé de dimension en intégrant depuis la saison dernière la Ligue Celte (en compagnie d’une autre équipe italienne, Aironi) et devient par conséquent l’un des 2 porte-drapeaux du rugby italien au milieu des équipes irlandaises, galloises, écossaises et lui garantit également sa participation annuelle en H-Cup (Coupe d’Europe de rugby).



Mais la marque Benetton est surtout connue du grand public, sportivement parlant, pour avoir possédé l’une des principales écuries de Formule 1 des années 90. Benetton arrive dans les paddocks en 1983 en sponsorisant l’écurie Tyrrell, puis Alfa Romeo et enfin Toleman que Benetton racheta en 1985. L’écurie sera ensuite vendue à Renault en 2000 mais gardera son nom jusqu’en 2001.

Entre 1986 et 2001, l’écurie a remporté 2 titres de champions du monde pilote (les 2iers de Michael Schumacher en 1994 et 1995), 1 titre de champion du monde constructeur en 1995, 27 victoires et 102 podiums (dont 13 pour Jean Alesi). Cette implication de Benetton dans le Formule1 a permis de donner à la marque une image de dynamisme et une forte notoriété mondiale au même titre que les fameuses affiches d’Oliviero Toscani.



Ainsi, l’importante implication de la marque Benetton dans la vie sportive, que ce soit au niveau européen avec les équipes de Trévise qu’au niveau mondial avec son ancienne écurie de Formule 1, lui a permis d’être perçue autrement qu’une marque provocatrice dont la dernière campagne de communication en est une parfaite illustration.




mardi 1 novembre 2011

L'utilisation du rugby dans la publicité

Après près de 2 mois de compétition, la Coupe du Monde de rugby s’achève sur un bilan assez positif, que ce soit au niveau sportif que populaire. Il suffit de constater les audiences de retransmission des matchs (15,4 millions de téléspectateurs pour la finale) ainsi que l’accueil réservé aux joueurs à leur retour (10 000 personnes à la place de la Concorde) pour se rendre compte de l’engouement des Français pour le XV de France.

Et cet engouement est également publicitaire, puisque personne n’a pu échapper aux nombreuses opérations de communication des partenaires de la fédération et ceux des joueurs, que ce soit notamment dans la presse sportive, à la télévision les jours de matchs, que sur Internet (réseaux sociaux, jeux-concours, web-séries,…).

Mais d’autres marques ont voulu surfer sur la vague ovalienne. On a pu effectivement remarquer en début de compétition 2 spots publicitaires pour Harry’s et William Saurin qui tentent de nous vendre de la brioche et des pâtes (et non pas du cassoulet) dans des scènes de vie quotidienne tout en évoquant le rugby. On pourrait même parler d’ambush marketing, car ces 2 marques, sans être partenaires du XV de France, ni de la Coupe du Monde, ont réussi à s’associer au rugby à l’approche de la Coupe du Monde. Etant devenu un sport très populaire et véhiculant des valeurs positives, il est normal que les annonceurs s’y intéressent de plus en plus.



Cependant, le rugby a toujours été présent dans la publicité française, même avant l’embellie médiatique de ces dernières années liée à son professionnalisme. Voici quelques exemples de spots utilisant le rugby pour vendre des produits de consommation courante et qui illustrent l’implantation de ce sport dans la société française:










Mais il est vrai que le rugby a surtout été utilisé en France pour promouvoir des produits étant associés au domaine de l’ovalie, comme la lessive, les produits antidouleur ou bien sûr des produits estampillés sud-ouest, en utilisant tous les clichés autour de ce sport.









On a donc d’un côté des marques qui utilisent le rugby pour s’associer à un sport « à la mode » avec son image et ses valeurs positives et de l’autre celles qui utilisent ses symboles, ses clichés comme la virilité, la salissure ou le sud-ouest.

Après la coupe du monde, son attrait publicitaire va certainement s’accentuer avec probablement des partenariats avec quelques joueurs emblématiques du XV de France. Néanmoins, dans un sport aussi collectif que le rugby, il est assez difficile pour les joueurs d’émerger individuellement, à moins de s’appeler Sébastien Chabal.


mercredi 26 octobre 2011

Quand le clip vidéo et le spot publicitaire ne font qu'un: Jennifer Lopez pour la Fiat 500

Par le hasard du zapping, j’ai eu l’occasion de découvrir le dernier clip vidéo de Jennifer Lopez. Et la raison pour laquelle il a réussi à retenir mon attention n’est pas vraiment la qualité de la chanson « Papi », mais l’omniprésence d’une Fiat 500 (qui ne m’a pas paru indispensable par rapport aux paroles).


Je suis assez réticent vis-à-vis du placement de produit dans les clips musicaux (davantage que pour le cinéma) car son utilité scénaristique est très souvent inexistante, mais ici, la voiture italienne tient un rôle très important dans le clip, presque autant que la chanteuse et s’installe donc dans un rôle qui va au-delà du simple placement de produit. Sa présence est effectivement justifiée par un partenariat entre la chanteuse et le constructeur automobile pour promouvoir la Fiat 500 aux États-Unis.



La chanteuse et son clip sont pleinement intégrés dans la stratégie de communication de Fiat, puisqu’un teaser du clip a même été utilisé en tant que spot publicitaire pour la marque. Les américains ont ensuite pu découvrir la chanteuse dans un nouveau spot publicitaire, toujours au volant de sa Fiat 500 dans les rues de New York.



Pour moi, cette collaboration entre la chanteuse et Fiat est plutôt malsaine car la frontière entre publicité et clip vidéo est beaucoup trop ambigüe par la présence excessive de la voiture qui dépasse le concept du placement de produit ainsi que la continuité du partenariat. Il ne faut pas duper le public, soit un morceau est à vocation « artistique » (avec ou sans placement de produit), soit il est à vocation promotionnelle. Dans ce 2ème cas, il existe des exemples réussis, de marques qui ont sollicité des artistes pour réaliser des morceaux exclusivement destinés à des fins promotionnelles comme notamment Converse. Il y a alors un respect vis-à-vis du public qu’on ne retrouve pas chez Fiat en s’immisçant dans un morceau déjà existant.


jeudi 20 octobre 2011

Cinéma: Johnny English, un personnage publicitaire sur grand écran

Hier est sorti sur les écrans le film Johnny English, le retour. La particularité du héros éponyme du film, interprété par le fameux Rowan Atkinson, est qu’il est totalement inspiré d’un personnage publicitaire, incarné également par l’acteur anglais.


Rowan Atkinson a effectivement joué le rôle d’un agent secret nommé Richard Latham dans une série de spots tv pendant les années 90 pour promouvoir la carte de crédit de la banque Barclays, la Barclaycard. On y retrouvait un agent secret britannique aussi maladroit, dont certains gags ont même été repris dans le 1er film, et accompagné du même collègue Angus Bough. Concernant les versions cinématographiques, l’acteur incarnant Bough n’est plus le même, ainsi que le nom de l’agent joué par Atkinson ; Johnny English étant probablement plus marquant pour un personnage britannique destiné à un public mondial. Selon l’acteur anglais, la reprise de ce personnage est tout à fait légitime : "the good thing about those original credit card commercials is that they were very filmic. They were like little movies. So it wasn’t a big step to think that maybe we could make a big movie using this character, which eventually we did.”

Quelques exemples:







Alors que les films sont pour la plupart du temps inspirés de romans voire de bandes dessinées ou comics, il est assez rare et même surprenant de voir des films inspirés de personnages publicitaires. Je ne connais qu’un seul autre exemple, Calimero (même s’il s’agit d’une série animée), qui a initialement été créé pour une publicité pour une marque de lessive en Italie. Mais si un personnage publicitaire réussi à obtenir une forte notoriété à long terme et surtout s’il est joué par un acteur aussi populaire que Rowan Atkinson, c’est facilement compréhensible.

La bande-annonce du film:




vendredi 16 septembre 2011

Musique: Julian Casablancas pour Azzaro

Pour son nouveau parfum Decibel, Azzaro a choisi comme ambassadeur le chanteur Julian Casablancas. Pour la campagne, le leader des Strokes a été très impliqué puisqu’il a écrit et composé le morceau « I like the night » dont il interprète un extrait dans le spot diffusé actuellement. Sur Internet, une page Facebook et un compte Twitter ont été créés. On y trouve notamment des concours, une version longue du spot et des making-of en attendant le clip intégral et surement le morceau à télécharger ce qui serait assez logique (pour le moment un extrait est disponible sur Soundcloud). A noter l’intégration à la page Facebook d’une application permettant aux membres inscrits d’être informés sur l’actualité des concerts de leur ville et de réserver leurs places, bref une application cohérente dans la promotion d’un parfum dont le flacon prend la forme d’un micro.



Mais ce n’est pas la 1ère fois que Julian Casablancas donne de la voix pour une campagne de communication puisqu’en 2008 pour les 100 ans de Converse, il avait écrit et interprété la chanson « My Drive Thru » en collaboration avec Santogold et Pharrell Williams. Le morceau était disponible en téléchargement gratuit et avait rencontré un certain succès. La marque avait réédité l’opération l’année dernière avec le morceau All Summer par Kid Cudi, Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) et Bethany Cosentino (Best Coast) et cet été avec Soulja Boy, Matt & Kim et Andrew W.K. pour le morceau I'm a goner et va même jusqu’à produire des artistes inconnus via son propre studio d'enregistrement. Converse communique ainsi beaucoup à travers la musique dans le but de renforcer son image de marque liée à cet univers depuis longtemps.



Et que ce soit pour Azzaro ou Converse, lorsque l’on souhaite associer son parfum ou ses chaussures à l’univers de la musique, rien de tel que de créer du contenu musical en collaboration avec des artistes reconnus. Cette stratégie de brand content permet de s’associer à la musique de manière concrète et pérenne. Et même si ces morceaux sont créés à des fins publicitaires, je trouve cette pratique beaucoup plus cohérente et appréciable que le placement de produits dans les clips ou les paroles.


lundi 29 août 2011

Burrda: une autre invasion du Qatar dans le sport

Le week-end dernier, le Top 14 a repris ses droits avec notamment le match ayant opposé le RC Toulon au Biarritz Olympique qui m’a particulièrement intéressé d’un point de vue marketing. La raison est leur nouvel équipementier, le très ambitieux Burrda. Cette nouvelle marque, créée en 2007, dont le siège social est basé en Suisse, est financée par l’argent du Qatar dont le drapeau a même inspiré le logo. Pour se faire connaître, Burrda a signé des partenariats avec des équipes nationales et des clubs de football (OGC Nice, équipe nationale belge par exemple), handball et rugby. Après avoir convaincu la saison dernière le club anglais de Northampton ainsi que le club gallois de Llanelli, Burrda et le Qatar font leur entrée dans le Top 14, en devenant l’équipementier de 2 clubs reconnus pour leur palmarès, leur histoire centenaire, leur authenticité, la ferveur de leur public, bref des clubs dont l’image semble très éloignée d’un équipementier qatari.


Le Qatar est connu pour ses nombreux investissements dans le sport et principalement le football. L’émirat a récemment racheté les clubs du PSG et de Malaga, et a même réussi à être le 1er sponsor maillot de l’histoire du FC Barcelone via la Qatar Foundation. Après avoir tenté de développer son propre championnat en recrutant des stars du ballon rond en pré-retraite, les investissements dans des clubs étrangers semblent être une meilleure stratégie pour briller dans le football. Le pays s’est également vu confier l’organisation d’événements sportifs mondiaux comme la Coupe du Monde de football 2022 et les championnats du monde de handball de 2015 (aux dépens de la France) en attendant une future et probable organisation des Jeux Olympiques d’été voire d’hiver (ils en seraient capables), alors que l’émirat n’a presque rien prouvé avec ses sportifs nationaux, mis à part quelques athlètes dont la moitié sont des africains naturalisés ainsi que le pilote automobile Nasser Al-Attiyad, dernier vainqueur du Dakar et futur adversaire de Sébastien Loeb en WRC. Toute cette stratégie permet à ce petit émirat de se faire connaître et de briller sur le plan mondial par l’intermédiaire du sport, même si cette omniprésence peut devenir agaçante et donc contre-productive.

On peut considérer que Burrda s’inscrit également dans cette stratégie de communication afin d’accroitre la légitimité du Qatar dans le sport à travers quelque chose de concret, durable et mondial, que peut représenter une marque de vêtements de sport. Pour les dirigeants de la marque, leur «but est de devenir l’une des premières marques de sport d’ici 5 à 10 ans. » Or, Burrda s’attaque ici à un marché très compliqué, dominé par des géants établis depuis plusieurs décennies. Et pour devenir un leader dans ce marché, l’argent ne suffit pas. Il faut savoir acquérir une légitimité dans le sport pour séduire les consommateurs. Les leaders actuels du marché l’ont acquise grâce à la qualité de leurs produits et/ou leur histoire, parfois centenaire. A l’heure où le storytelling est à la mode, les marques aiment communiquer autour de leur histoire, en mettant en avant leurs fondateurs (Adidas, Lacoste, Gilbert, Li Ning) ou d’anciens sportifs prestigieux (Mohamed Ali, Zidane, Beckenbauer, Platini pour Adidas, Carl Lewis, Michael Jordan pour Nike,
Yannick Noah pour Le coq sportif par exemple) afin d'exposer leur légitimité dans le sport.

Or, du côté de Burrda, la communication repose sur le concept du dépassement de soi à travers son slogan « Challenge Yourself », à défaut de pourvoir communiquer autour d’une histoire, une origine sportive ou des sportifs de haut niveau sous contrats. Le chemin me semble donc très long pour gagner une place dans la cour des grands.